Deuxième quinzaine d'octobre 2006, semaine de la sortie du tant attendu "Monseigneur Mike City" (prévu initialement en juin)... j'acquiert le petit bijou disponible en quelques exemplaires, uniquement au seul Megastore de l'île. Encore une tuerie qui n'aura pas le succès commercial escompté vu la coopération de la distribution. Etonnant pour un labellisé "ULM"... Il faut avouer que M.Pokora et Diam's (Awardisés NRJ à l'heure à laquelle j'écris) représentent des parts de marché non-négligeables sur lesquels il faut miser davantage. Enfin bref, sur ce coup-ci j'écouterai mon ami Singuila qui dit que "le succès n'est pas proportionnel au talent". Ce qui me ramène directement à vous parler de cet album qui mériterait un buzz plus important.
Tout d'abord, il convient de décrire l'atmosphère de Msg Mike avant d'y plonger, histoire d'être mis en garde... quoi que l'effet de surprise pourrait être des plus agréables. Mike, c'est ce tout juste trentenaire qui malgré son âge, est un p'tit jeune dans le paysage du rap français. C'est en effet son premier album. Pourtant, le bonhomme est loin d'être à ses débuts. S'étant fait connaître grâce à la production de "featurings virtuels" avec les plus grands noms de la scène Hip-Hop U.S (Jay-Z, Nas, etc), Mike devient rapidement un extra-terrestre de l'underground. Mix-tapes sur mix-tapes, on s'habitue et on prend plaisir à déguster son flow dilletant, ses punch lines renversantes ("Pour me passer les bracelets faut être bijoutier..."), ses rimes précises, sa capacité à raconter des histoires avec style (écoutez le morceau "Jackie Brown"!), son humour souvent sexiste ("Quand j'baise une pute c'est elle qui me paye"), et ses productions saucées "Dirty South", "West Coast", bref U.S !
Un séjour aux Etats-Unis
Les bien-pensants et pseudo-puristes du HH français rabacheront sans cesse qu'il se prend pour un cainri, que Mike est archi-commercial et que par conséquent, ce qu'il réalise est sans grand intérêt... certes. Mais il le fait mieux que n'importe qui ! Mike est léger, mais il s'agit d'un parti pris. Pourquoi parlerait-il des problèmes des cités si pour lui, cela n'évoque rien et que d'autres le font déjà avec un certain brio ? Cet ex-futur basketteur (il s'est pété les ligaments du genou) aura retenu de son sport favori qu'il faut absolument se démarquer pour marquer. Remarque, son parcours se distingue de beaucoup de rappeurs: d'origine guadeloupeénne, né en Allemagne, un long séjour aux Etats-Unis, ne peuvent que donner une personne riche, avec une perception des choses et un univers artistique différents.
Vous écouterez donc dans "Monseigneur Mike City", la vie fantasmée d'un mec à 100 à l'heure, faite de tise, sexe, et luxe à outrance, tant de clichés qui servent la culture Crunk en vogue actuellement outre-Atlantique. Reflexion faîte, l'avantage d'un tel album, c'est que nous francophones, pouvons enfin comprendre ce que disent les caincains dans leurs morceaux ! Pas de prise de tête donc, la vie n'est que (faussement ?) belle, vous êtes à Monseigneur Mike City !

